Une certaine idée de l'écriture
L'écriture est un outil. Un outil un peu particulier. Un outil protéiforme. Ce qui signifie que l'on peut en faire à peu près ce que l'on veut. Ce qui signifie également qu'elle n'est pas réservée à quelques un-e-s, qui "sauraient" écrire. Cette idée même de "savoir écrire" est suffisamment exclusive, au sens qu'elle exclue, qu'elle rejette, pour qu'on s'y attaque sans tarder. C'est ce à quoi je m'engage, jour après jour. Pour moi d'abord, pour faire tomber cette idole du bien-écrire ou de la belle écriture. Pour les autres ensuite, celles et ceux qui s'imaginent ne sachant pas, ne pouvant pas.
J'aime l'idée, vulgaire, au sens commun, que l'écriture est au contraire un objet familier, qu'il nous faut utiliser pour en faire un objet du quotidien, utilitaire certes, mais aussi un objet qui permet de sentir le monde, de le percevoir, d'en mesurer les contours et les subtilités et d'en rendre compte.
Je me suis donc débarrassé de l'idée du bien-écrire, puis de celle de bien-écrire. J'écris. C'est tout. Et je me contente presque de ça. Le plaisir d'écrire m'est venu dès que j'ai abandonné cette préoccupation de bien-écrire. Le lecteur en est le seul juge.
Avec l'écrit, par mes interventions auprès des groupes, d'enfants, de jeunes, d'adultes, qu'ils maitrisent l'acte d'écriture ou qu'ils soient dans l'apprentissage, je cherche à faire passer l'idée, qu'écrire est facile. Bien sûr, je mens un peu. A moi-même avant tout. Ecrire n'est pas toujours facile. Mais ce n'est pas une raison pour confier aux seuls "experts" cette responsabilité et ce plaisir. Il convient alors de prendre le droit, le droit à la maitrise de l'écrit, d'abord, et le droit à une utilisation sans juge, sans prescripteur, sans censeur. Pour cela, il faut également s'affranchir de la règle, d'orthographe, de grammaire, de conjugaison qui sont autant de frein pour ne pas y aller et pour qu'on s'entende dire, par les "sachants" que décidemment, il ne serait possible d'écrire qu'à ces conditions du respect orthodoxe du règlement. La règle est nécessaire, certes, mais doit-elle à elle seule autoriser et filtrer entre ceux qui pourraient et ceux qui ne pourraient pas, en fonction qu'ils maitrisent ou pas?
Ecrire est plaisant, dès lors qu'on réussit à rendre compte d'une idée qui nous vient, d'une émotion, d'une observation de ce qui nous entoure et que l'on en est satisfait. Puis, ce plaisir se poursuit avec l'idée de déclencher une émotion chez le lecteur. Elle peut être le fruit d'un artifice, comme un procédé filmique permet parfois de nous arracher une larme, un sourire ou une frayeur. Elle peut être créée simplement par une émotion brute, intègre, non composée, sans filtre ou effet spécial. C'est la deuxième étape de l'acte d'écrire. Celle de la transmission. Celle de l'espoir de laisser une marque, une trace, quelque part. Celle de la satisfaction d'avoir réussi à faire don de la chose écrite. Celle du moment où l'on se dit "Je peux"
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À propos
Je m'appelle Pascal Deleu et j'écris partout, sur tout, tout le temps. Même quand je n'écris pas. Tout m'inspire. Tout est sujet d'écriture. L'actualité, le quotidien, les faits de société, le fait divers, un dialogue entendu, des actes ou des gestes communs, les événements qui s'impriment dans notre conscience collective sont autant de raisons et de motifs qui me permettent de composer des textes qui prendront l'apparence de mon humeur du moment, sur une palette allant de l'humour à la gravité, parfois dans un même texte.
Je n'ai pas prétention à bien écrire, juste celle de rester fidèle à mon plaisir en m'accordant la liberté de partager, avec celles et ceux qui le souhaitent, cette pratique si douce et si facile, pour peu qu'on ait un stylo, une feuille ou un clavier.
Promenez-vous et laissez-vous guider par vos goûts et votre curiosité.